Rêvons qu’il n’y aura ni monstre, ni toile qui nous emprisonne dans les filets de la vie.
Rêvons… que nous sommes des mouches libres, joyeuses et pleines de santé…
Que la nouvelle année vous soit douce et belle ! 
Rêvons qu’il n’y aura ni monstre, ni toile qui nous emprisonne dans les filets de la vie.
Rêvons… que nous sommes des mouches libres, joyeuses et pleines de santé…
Que la nouvelle année vous soit douce et belle ! 
… des derniers jours de 2008, entre gastro, grippe, foie gras et autres réjouissances, avant d’aborder la nouvelle année ! Noël est censé être une fête de retrouvailles en famille, où l’on oublie ses ressentiments. Ce qui n’arrive hélas que rarement. Alors comment peut-on espérer que dans les sociétés humaines cela se passe mieux ?
Souhaitons avant le début de 2009, que l’année nouvelle apporte un peu de paix et de sérénité aux hommes ainsi qu’un peu de responsabilité et moins d’individualisme.
Comme les résolutions, généralement, cela ne sert à rien. Cela ne fait pas de mal non plus de l’espérer…
Et pour ceux qui ont de la chance, bonnes vacances, belle journée de l’An à tous et à l’année prochaine !
Voilà un rêve de lecteur ! Hé bien, vous en rêviez, Jasper Fforde l’a fait.
Cet écrivain gallois est l’auteur d’une série de romans passionnants et fous furieux, où l’héroïne, Thursday Next (rien que son nom laisse rêveur) partage sa vie entre le monde réel (quoique) et le monde littéraire. Elle peut voyager dans ce dernier et rencontrer tous les personnages de romans inventés, des plus connus (Jane Eyre) aux plus ridicules (l’empereur Jark, monstre sanguinaire de science-fiction).
Le monde des livres est parallèle au nôtre et a une vie totalement indépendante et très vivante, voire grouillante ! Les héros littéraires ont une existence propre (mais pas toujours très nette) et ne doivent réintégrer leur histoire que lorsque quelqu’un la lit. Entre-temps, ils peuvent faire les 400 coups et les méchants personnages peuvent s’avérer charmants hors contexte, et inversement. Et c’est sans compter les héros saute-pages qui s’enfuient d’un livre à l’autre et les “vyrus” qui vou fort ceux a haie cri re avèque des fotes ortografique terre y fiante…
C’est passionnant, inattendu et pourquoi pas ?
La vie réelle de Thursday, détective littéraire, comporte des dodos, des hommes de Néandertal régénérés qui côtoient les compétitions acharnées de croquet, la contrebande de fromage et la Chronogarde, une police qui voyage dans le temps. La loufoquerie à tous les étages !
N’oublions pas non plus que l’auteur utilise de grands personnages littéraires, leurs romans d’appartenance et de nombreuses référence littéraires. Bref, l’éclatade totale.
D’aucuns pourraient trouver ses romans un peu embrouillés et certes, il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. A moins d’admettre sans condition les règles de son propre univers. Et dans ce cas, c’est un régal de s’y plonger.
A noter les livres de cette délicieuse série policière survoltée : L’affaire Jane Eyre, Délivrez-moi, Le puits des histoires perdues, Sauvez Hamlet et Le début de la fin. Je n’ai pas lu ce dernier encore mais sachez que l’impatience me guette.
Vive la folie littéraire alliée à la science-fiction !
J’ai croisé hier ce que j’appelle un monstre… à face humaine. Et j’ai eu peur.
Oh, il n’était pas laid, loin de là. Plutôt séduisant même, il avait l’air doux et attirant. Son léger sourire charmeur laissait transparaître son aptitude à enjôler, comme un serpent vous hypnotise. Ses yeux étaient plutôt clairs mais reflétaient son âme, son “vice caché”. Comme le portrait de Dorian Gray vieillissait en lieu et place de son sujet, les yeux de cet homme étaient seuls à montrer sa monstruosité dans ce visage lisse et serein. D’ailleurs, quelle était-elle, cette noirceur ? Je l’ignore.
Je l’ai croisé au détour d’une rue. Pourquoi ai-je été frappée par ce masque ? Comment ai-je pu ressentir, sans le connaître, qu’une terrible horreur se cachait derrière ce front ? Qu’est-ce qui m’autorisait cette pensée ? Il n’y a que le terrible pressentiment d’un danger, d’une ombre froide qui m’a frôlée lorsque je l’ai dépassé qui peut l’expliquer. Il m’avait regardée un instant sans me voir réellement et avait poursuivi son chemin.
Mais j’ai nourri une angoisse qui m’a serrée le coeur et le ventre. Ma gorge s’est nouée et j’ai mis quelques minutes à reprendre mes esprits. Lorsque je me suis retournée sur lui, il avait disparu dans la foule vibrante qui nous entourait. Je n’ai jamais pu l’oublier, pas plus que l’angoisse qu’il avait suscitée en moi.
Hé non, David ne fait pas que disparaître les éléphants ou les bimbos… C’est aussi le héros d’un roman de Charles Dickens, datant du XIXème siècle.
Qu’ai-je à dire, m’objecterez-vous, d’un vieux livre poussiéreux, classique de la littérature anglaise, certes, mais qui sent un peu le moisi… ? J’ai finalement à dire pas mal de choses !
Il m’a tenue en haleine jusqu’au bout des 1000 pages (vous avez bien lu) et on a envie de savoir comment tout cela va se terminer. Les aventures de cet enfant puis du jeune homme et de l’homme mûr enfin, sont attachantes et les personnages très pittoresques. La description de la vie anglaise parfois dure et sans complaisance, laisse à penser que certaines moeurs sont aujourd’hui encore, plus que d’actualité ! L’on y parle de la nourriture frelatée que les Londoniens vendaient déjà ! On croirait lire un article actuel sur la “male bouffe”….
Cela dit, je ne nierai pas que quelques passages descriptifs sont un peu longuets mais ils ne nuisent pas à l’unité du roman, très dense et vivant. J’ai finalement pris pas mal de plaisir à le lire et c’est l’essentiel.
Je ne vous dirai pas que c’est le livre absolu à lire de toute urgence, car les bons sentiments dont il dégouline parfois pourraient en lasser plus d’un. Mais finalement, ce David-là est aussi un peu magicien, car on se laisse prendre à ses tours de passe-passe et il nous séduit… Bref, on l’adopte et on le suit tout au long de son chemin.
Je suis un monstre étrange, une araignée qui tisse sa toile. Je ne crois en rien ni personne et surtout pas en mon prochain. Surtout pas.
Nul ne me connaît comme je suis, sombre et distant. Eloigné de toute humanité par choix et pour ne pas souffrir. De ces dérisoires sentiments affectueux qui nous affaiblissent. Je me sers des autres, je les manipule et les dirige. Vers mes buts ultimes et secrets. L’hypocrisie, la bassesse et le dissimulation sont mes armes et elles sont bien aiguisées. Patiemment, lentement, sûrement et méthodiquement. Elles brillent tant elles sont affûtées et moi aussi.
J’obtiens tout ce que je souhaite et je suis riche et craint. J’adore… Je profite et je ronge les autres jusqu’à la moëlle. Très doucement et sournoisement. Quel sentiment de puissance et de pouvoir ! J’en profite encore et toujours. Tout le temps. A chaque instant. Tant et si bien que j’ai compris une chose, LA notion ultime. Et définitive.
Je suis seul et je le resterai. Pour toujours.
Hélas !
Cette citation est de Jacques Lesourne, j’ignore qui c’est, mais je la trouve très juste. Nous la tissons nous-même lorsque nous décidons de vivre et d’agir. Cependant elle nous engloutira un de ces jours et nous serons dévorés par ce temps qui passe. Inexorablement. L’araignée nous momifiera dans la vieillesse puis nous liquéfiera et nous digèrera enfin. Comme une vulgaire petite mouche.
Alors que faire ?
Agir et vivre… Profiter, agir, vivre et tisser notre toile pour bien en profiter. C’est le seul remède. Le temps passera, parfois plus lentement, parfois plus vite. Car il s’étire ou se rétrécit, étrangement. Peu importe, il faut jouir intensément de ce temps qui nous est imparti avant que le sablier ne se tarisse.
Soyons plus l’araignée que mouche et tissons ! Cueillons le jour tel que Ronsard le préconise et vivons à l’image des enfants. Dans le présent et vivons, tout simplement…
“Les enfants n’ont ni passé ni avenir et, ce qui ne nous arrive guère, ils jouissent du présent” (Jean de La Bruyère)