Aujourd’hui, les monstres ne sont plus ce qu’ils étaient…
On ne trouve plus ce bon vieux monstre poilu qui effrayait tant les enfants, ce sont les enfants eux-même qui se transforment en monstres. Sous leurs fronts lisses, point de soupçon de noirceur, et pourtant !
Bon nombre de ces chérubins sont devenus les adeptes d’un grand gourou appelé consumérisme qui les transforme en êtres tentaculaires qui n’ont comme seul but que d’attraper tout ce qui passe à leur portée pour en jouir, le manger, le boire ou le vomir. Peu importe le résultat, il faut AVOIR, posséder. Utile, inutile, futile, scandaleusement inepte, quel que soit l’objet ou l’activité !
Par tous les moyens, sans état d’âme, sans réflexion, sans envie réelle, sans utilité réelle, tout est jetable, jeté. Cet accumulation matérielle qui encombre nos décharges, pollue tout autant l’esprit et corrompt les enfants qui ne doutent plus que tout leur soit dû. Ils deviennent ces abjects consommateurs, futurs adultes que tout refus ou toute frustration rendra fou.
Mais que font les éducateurs ? Leurs éducateurs et en premier lieu les parents ? Sont-ils déjà passés du côté obscur eux-même ? Ne se rendent-ils pas compte qu’ils gâchent leurs enfants en les pourrissant, comme si un objet pouvait remplacer l’attention, le temps ou l’affection ?
Triste époque où les monstres pullulent… Roald Dahl en parlait déjà dans sa Chocolaterie où Veruca Salt incarnait le prototype infect de l’enfant trop gâtée.
Combien y en a-t-il aujourd’hui de Veruca, que les écureuils jetteraient aux ordures comme des noix toxiques ?